L’acte d’engagement formalise l’offre du candidat retenu et constitue la pièce contractuelle centrale du dossier de consultation. Nature juridique, place dans le DCE, règles de signature et contenu obligatoire : autant de points qu’un économiste ou un maître d’œuvre doit maîtriser pour répondre efficacement à un appel d’offres public.
Acte d’engagement : définition juridique et nature contractuelle
L’acte d’engagement formalise l’offre du candidat retenu et engage les parties dans le contrat. Ce document reprend les éléments essentiels du marché public : identification de l’acheteur, du candidat, objet des prestations, prix, délais et conditions d’exécution. Il ne s’agit pas d’une simple formalité administrative : il constitue la base contractuelle de la relation entre l’acheteur public et le titulaire du marché.

Définition de l’acte d’engagement
La définition de l’acte d’engagement tient en une formule claire : c’est le document par lequel le soumissionnaire accepte les clauses prévues par les autres pièces du marché, notamment le CCAP, le CCTP et, le cas échéant, le CCAG. En le signant, il valide son offre et s’engage sur les conditions du contrat. L’acte d’engagement signé doit ensuite être régularisé par le pouvoir adjudicateur ou l’adjudicateur selon l’organisation retenue par l’acheteur public.
En cas d’écart avec une annexe financière, une DPGF ou un BPU, ce document contractuel prime pour l’interprétation des engagements. En phase d’exécution, cette hiérarchie sécurise les échanges entre l’acheteur et le titulaire du marché.
Rôle juridique dans les marchés publics
Dans les marchés publics, l’acte d’engagement sert d’appui juridique central. Il constate l’adhésion du candidat aux conditions de la consultation et fixe le cadre opposable du contrat une fois la notification du marché intervenue. L’acheteur public dispose ainsi d’un document de référence pour suivre l’exécution et apprécier la conformité de l’offre retenue.
Une fois le lot structuré, ce document permet aussi d’identifier précisément les intervenants : soumissionnaire, cotraitants éventuels, sous-traitants déclarés, acheteur, adjudicateur ou pouvoir adjudicateur. Cette précision est indispensable dans la passation des marchés publics, notamment lorsqu’un différend porte sur les responsabilités ou sur la portée des engagements pris.
À l’inverse d’un tableur isolé ou d’un bordereau diffusé sans hiérarchie claire, il concentre les données qui fondent l’engagement réciproque et devient la pièce la plus directement exploitable après la notification du marché, en pratique sur un marché public.
Place de l’acte d’engagement dans un appel d’offres
Dans un appel d’offres, le dossier de consultation regroupe les pièces remises au candidat. L’acte d’engagement y tient une place centrale : ce document formalise l’offre, confirme l’acceptation du CCTP, du règlement de consultation et des conditions financières, puis sert de base contractuelle après attribution du marché public.
Il consigne les obligations du soumissionnaire et donne à l’acheteur un support clair pour apprécier la portée juridique de l’offre, en pratique sur un marché public.

Sa position dans le dossier de consultation (DCE)
Le DCE s’organise généralement en plusieurs familles de pièces : administratives, techniques, graphiques et financières. L’acte d’engagement relève des pièces administratives, aux côtés du règlement de consultation et du CCAP.
- Pièces administratives : acte d’engagement, règlement de consultation, CCAP; elles encadrent les obligations administratives et contractuelles du candidat.
- Pièces techniques : CCTP, CCAG, CCTG; elles précisent les exigences d’exécution que le soumissionnaire devra respecter.
- Pièces financières : BPU, DPGF, acte d’engagement par lot le cas échéant; elles servent à comparer les offres dans un cadre identique.
Une fois le lot structuré, chaque entreprise complète le même modèle. À l’inverse d’un tableur monté librement, ce format limite les écarts de présentation et sécurise l’analyse. La différence se joue sur le chiffrage.
Comment garantit-il l’égalité de traitement des candidats ?
L’égalité de traitement repose d’abord sur un cadre commun. Avec un même acte d’engagement, chaque candidat renseigne les mêmes rubriques, accepte les mêmes clauses et présente son offre selon une structure identique. L’acheteur peut alors comparer des réponses homogènes, sans corriger des écarts de forme qui fausseraient l’examen du DCE.
Cette standardisation réduit aussi le risque d’irrégularité formelle. En complément du CCTP et du règlement de consultation, l’acte d’engagement par lot, lorsqu’il existe, relie les exigences du dossier de consultation à l’engagement précis du soumissionnaire.
Le formulaire ATTRI1 et la procédure de signature
Depuis la réforme de 2016, le modèle d’acte d’engagement a changé. L’article 11 du Code des marchés publics définit l’ acte d’engagement comme le document par lequel le candidat présente son offre, avant signature par le pouvoir adjudicateur.

Qu’est-ce que le formulaire ATTRI1 ?
Le formulaire ATTRI1 est le modèle de référence utilisé pour formaliser l’acte d’engagement depuis 2016, en remplacement du DC3. Ce formulaire, préparé par la DAJ, rassemble dans un même document les données utiles à l’acheteur, au candidat, au titulaire et, le cas échéant, au groupement. Il pose le cadre contractuel du marché public dès la phase d’attribution.
Son emploi n’est pas imposé. L’acheteur public ou le pouvoir adjudicateur peut utiliser un autre formulaire, à condition d’y faire figurer toutes les mentions obligatoires. En pratique sur un marché public, le formulaire ATTRI1 reste fréquent, car il sécurise la lecture du contrat et limite les écarts de présentation entre candidats.
Chaque cadre correspond à une donnée précise : identification de l’acheteur, objet du marché, lot concerné, titulaire, groupement éventuel, durée, avance ou date de départ des prestations. À l’inverse d’un tableur, ce document a une portée directement contractuelle. C’est aussi sur cette base que le signataire habilité finalise l’acte d’engagement dans des conditions conformes.
Quelles sont les règles de signature applicables ?
Depuis 2016, la signature n’est plus systématique au stade du dépôt de l’offre. Sauf exigence expresse du règlement de consultation, le candidat n’a pas à signer l’offre lors de la remise initiale. La signature intervient en principe au moment de l’attribution du marché public, dans le cadre de la procédure de signature retenue par l’acheteur public ou le pouvoir adjudicateur.
Lorsque la signature est demandée, le candidat retenu et l’adjudicateur doivent recourir au même mode : signature manuscrite ou signature électronique, conformément au cadre de la commande publique. Une transmission dématérialisée avec un acte d’engagement signé dans un format non admis rend l’offre irrégulière : le signataire doit être habilité, le formulaire doit être complet, et l’acte d’engagement signé doit respecter le niveau d’exigence fixé par la procédure.
Signer l’acte d’engagement engage le candidat sur le contenu de l’offre et prépare la conclusion du contrat avec l’acheteur. Une fois le lot structuré, il faut donc vérifier la capacité du signataire, les mentions obligatoires, le format de signature et la cohérence entre l’offre remise et le document contractuel.
Le délai de standstill avant signature du marché
En procédure formalisée, l’acheteur ne peut pas conclure immédiatement après la décision d’attribution. Un délai de standstill s’impose avant la signature du contrat : 11 jours au minimum entre l’envoi de la notification du marché et la signature, ou 16 jours en cas d’envoi papier. Cette séquence encadre l’attribution du marché public et la notification du marché avant la conclusion définitive.
Ce délai protège les candidats évincés. Il leur permet de contester l’attribution du marché public avant que le contrat ne devienne pleinement contractuel entre l’acheteur public et l’attributaire.
Le standstill ne s’applique pas dans tous les cas. Il est écarté notamment en MAPA, lorsqu’un seul opérateur a participé, ou pour certains dispositifs spécifiques comme le système d’acquisition dynamique. Dans ces hypothèses, l’acheteur peut avancer directement vers la signature, à condition de respecter les mentions obligatoires du formulaire et les règles de passation applicables.
Contenu obligatoire et cas du groupement d’entreprises
Pour un candidat seul comme pour un groupement d’entreprises, chaque rubrique de l’acte d’engagement doit être renseignée avec précision afin d’éviter une irrégularité relevée au stade de l’analyse de l’offre par l’acheteur.
Quelles mentions doit contenir l’acte d’engagement ?
Les mentions obligatoires portent d’abord sur l’identification du marché et sur la portée du contrat. L’acte d’engagement doit faire apparaître le prix global, le taux de TVA applicable, le montant HT en chiffres et en lettres, ainsi que le montant TTC, ou renvoyer explicitement à une annexe financière comme la DPGF ou le BPU, en complément du CCTP.
- Cadre A, Identification du marché : objet exact, numéro de lot, nature de l’offre de base ou de la variante. Ces éléments permettent de rattacher l’acte d’engagement aux bonnes pièces du marché, sans ambiguïté pour l’acheteur.
- Cadre B1, Identification du titulaire : dénomination sociale, adresse, SIRET et coordonnées.
- Cadres B4 et B5, Conditions particulières : montant de l’avance éventuelle, durée d’exécution, date de départ des travaux ou prestations. Ces données encadrent directement les obligations du titulaire du marché en phase d’exécution.
Une fois le lot structuré, il faut vérifier la cohérence entre l’acte d’engagement et les autres pièces du marché. L’ordre de priorité est en général fixé par le CCAP. En cas de contradiction, l’acte peut prévaloir sur un autre document si cette hiérarchie a bien été prévue dans le dossier contractuel : la hiérarchie des pièces tranche alors le conflit.
Acte d’engagement en groupement conjoint ou solidaire
Lorsqu’un groupement d’entreprises se porte candidat, l’acte d’engagement doit identifier chaque membre avec précision : dénomination sociale, adresse, courriel, téléphone, numéro SIRET.
Le mandataire du groupement peut signer seul s’il dispose d’une délégation de pouvoir signée par chaque cotraitant. À défaut, chaque membre doit signer l’acte d’engagement. Cette règle s’applique au groupement conjoint comme au groupement solidaire, avec des effets différents sur la responsabilité des membres.
En pratique sur un marché public, la signature doit être alignée avec la forme du groupement, les pouvoirs transmis et les mentions prévues dans les pièces du marché.
| Caractéristique | Groupement conjoint | Groupement solidaire |
| Responsabilité | Limitée à la part de chaque membre | Solidaire sur l’ensemble des prestations |
| Compte bancaire | Compte propre à chaque membre possible | Compte bancaire unique généralement exigé |
| Répartition des prestations | Tableau détaillant la part de chaque membre, en nature et en montant HT | Non requise formellement dans l’acte |
| Signature de l’acte d’engagement | Mandataire seul avec délégation, ou signature par tous les membres | Mandataire seul avec délégation, ou signature par tous les membres |
Sa qualité rédactionnelle, la présence des mentions obligatoires et l’articulation avec les pièces du marché doivent être vérifiées avant la notification.
Foire aux questions
Quelle est la différence entre l’acte d’engagement et la DPGF ?
L’acte d’engagement est le document contractuel qui formalise l’engagement global du candidat. Il identifie les parties, l’objet du contrat, le prix total et les délais. La DPGF détaille le prix par poste ou par lot : elle ventile le forfait global que l’acte d’engagement engage contractuellement.
Les deux pièces sont complémentaires dans la commande publique, la différence se joue sur le chiffrage : la DPGF éclaire le détail des quantités et des postes, tandis que l’acte d’engagement porte la valeur contractuelle principale. En cas d’écart entre les montants, c’est cet acte qui prime, y compris après l’attribution et lors de la signature du marché.
À quel moment faut-il signer l’acte d’engagement ?
Depuis la réforme de 2016, la signature de l’acte d’engagement n’est plus exigée au dépôt de l’offre : elle intervient à l’attribution, si le règlement de consultation le prévoit, ou à la conclusion du contrat.
Une fois le candidat retenu, l’acheteur peut demander la signature avant la conclusion du contrat. En procédure formalisée, un délai de standstill d’au moins 11 jours s’applique entre la décision d’attribution et la signature du marché public. Ce délai laisse aux autres candidats la possibilité d’exercer un recours avant la signature de l’acte d’engagement.
À l’inverse d’un simple visa administratif, la signature engage juridiquement le titulaire sur le marché public.